« Il a fallu que je hausse le ton pour dire qu'il y avait beaucoup d'impatience voire d'exaspération de la part des habitants et que le conseil général trouvait que trop c'était trop ».
Résolu à redémarrer le chantier du pont de Condren, le conseiller général de Chauny, Jean-Luc Lanouilh, a eu des mots forts devant toutes les parties concernées. Le 16 septembre dernier, le vice-président du Département, les élus de Condren et de Tergnier, une délégation de Voies navigables de France et des techniciens de la Direction voirie départementale, se sont retrouvés pour une réunion technique pour la sécurisation des berges du canal au niveau du pont, mais aussi pour expertiser les causes du sinistre.
En juillet 2009, lors de travaux d'un forage sous le canal pour le passage d'une conduite d'eau potable, une fuite est constatée. La digue a cédé juste au pied de la passerelle provisoire qui doit être installée pour les piétons, le temps que le pont soit remplacé. Un chantier qui sera abandonné pour parer au plus pressé. Mais depuis ce temps-là, personne de la Sade, de l'entreprise belge sous-traitante ou de VNF, n'a voulu assumer la responsabilité des travaux de sécurisation des berges, nécessaires à la pause de la passerelle temporaire avant l'installation d'un nouveau pont.
VNF, maître d'œuvre
Et le serpent pouvait continuer à se mordre la queue pendant longtemps ; les experts ne pouvant déterminer les causes de l'incident qu'une fois les travaux de sécurisation réalisés. Or pendant la réunion du 16 septembre, une solution a vraisemblablement été obtenue, en passant devant la justice. « On est chargé de rénover la berge pour que l'expert puisse continuer ses travaux. On est chargé d'assurer l'étanchéité, poussés par l'expert et le Conseil général. Les travaux devraient intervenir au cœur du premier trimestre 2012 », confirme-t-on du côté de VNF.
Un système de palplanches de huit mètres de haut sur trente mètres de long devrait être installé. « Si tout va bien, on pourrait voir les travaux du pont commencer en mai 2012, après la brocante », espère Jean-Luc Lanouilh, malgré toutes les difficultés rencontrées.
Toutefois, il reste vigilant. « On n'est obligé d'espérer que l'on ne trouve pas quelque chose », continue-t-il. Effectivement un vestige de la Seconde guerre mondiale pourrait venir jouer les trouble-fête.
Thibaut VERRIER